Croissance au Pérou: réelle ou surchauffe?

La croissance au Pérou

Au niveau économique on peut un peu comparer la croissance au Pérou à celle de la France dans les années 60. Le pays et surtout Lima est en ébullition, on trouve des programmes immobiliers neufs partout.
Les péruviens achètent frénétiquement et n’ont pas peur du crédit, on voit apparaître une vraie classe moyenne et logiquement de nombreuses franchises internationales arrivent au Pérou pour répondre aux nouveaux besoins de consommation.
On trouve aussi de plus en plus de filiales US et Européennes, sans oublier celles des pays asiatiques…Le Pérou est  porté par une croissance assez forte et nombreux sont ceux qui veulent se positionner soit pour conquérir ce marché, soit pour créer des entreprises. Voir les chiffres de l’économie péruvienne.

Perou-croissance

La croissance au Pérou

Des inégalités fortes qui subsistent…

La croissance ne profite pas à tout le monde même si l’extrême pauvreté à tendance à diminuer. En tant que français on considère qu’une personne vivant au RSA est pauvre, la définition est tout autre au Pérou.
Il est essentiel de comprendre qu’au Pérou l’Etat providence n’existe pas. Le péruvien le plus modeste joue presque sa survie au quotidien et franchement à part le programme « vaso de leche » (verre de lait) qui aide à nourrir les enfants gravement sous-alimentés je ne vois pas ce que fait l’Etat.
Au premier abord j’ai eu un certain malaise face à cette pauvreté très visible, mais aussi un certain respect car les péruviens dans le besoin préfèrent s’improviser commerçants informels ou musiciens dans les bus plutôt que de mendier « sans contrepartie » comme on le voit souvent en France.

croissance au pérou

Toujours est-il qu’il existe un fossé énorme entre les péruviens pauvres souvent venus de province et la classe bourgeoise souvent descendante d’Européens.

 

… mais une entraide qui évite le pire

La vraie pauvreté existe, mais de nombreux Péruviens modestes s’en sortent en étant créatifs et travailleurs. Également les familles sont très soudées et les péruviens s’entraident. La famille et la religion occupe une part importante de la vie de la plupart des Péruviens. Bref la croissance au Pérou ne profite pas a tout le monde mais comme on vous le dira souvent ici « Au Pérou tout est possible ».

Une nouvelle classe moyenne et une classe aisée qui a le pouvoir

croissance pour une minorité

une discothèque VIP à Lima

Il existe une classe aisée composée de personne très riches au Pérou, mais tous ne sont pas des rentiers vivants dans les quartiers ultra sécurisées. La croissance incroyable a aussi offert l’accès à la richesse à un grand nombre de personnes parties de 0, qui vivaient et continuent de vivre dans des quartiers populaires.
Il est intéressant de voir qu’il existe là bas un grand potentiel d’achat qui commence juste à être comblé par la construction de centres commerciaux, cinémas et espaces de loisirs.
En effet malgré les progrès technologiques comme le métropolitano traverser Lima prend un temps fou, rendant difficile à l’accès aux loisirs et aux bons restaurants aux habitants des conos (périphérie de Lima).

Bémol sur le boom actuel

Sur la création d’entreprise

Malgré tous les bons indicateurs il faut se poser certaines questions avant de créer un business au Pérou.
Certes créer un business au Pérou coûte moins cher qu’en France, les impôts sont beaucoup moins élevés et les opportunités nombreuses mais il ne suffit pas (plus?) de créer n’importe quoi pour réussir.

La nouvelle génération de péruviens est qualifiée et formée aux techniques commerciales et marketing occidentales. Pour l’instant un occidental garde une petite longueur d’avance… mais il ne faut pas sous-estimer les péruviens qui ont eux aussi des diplomés de bon niveaux.
Autre erreur possible: ne tenir compte des spécificités locales. Non un consommateur péruvien n’est pas un consommateur Français ou Américain.

Dernier point et le plus important: entourer vous de personnes de confiance! les arnaques sont malheureusement fréquentes.

Sur l’immobilier

Ah l’immobilier! lors de mon premier voyage en 2006 et j’étais stupéfait par le prix des biens immobiliers. De mémoire pour 40000 dollars (un peu moins de 30000 euros) on pouvait acheter un 2 beau pièces dans un quartier correct comme Jesus Maria… malheureusement les prix ont facilement triplés en 10 ans. Plusieurs péruviens m’ont parlé de bulles immobilières se formant dans de nombreux quartiers… et on assiste d’ailleurs à une petite baisse des prix dans plusieurs quartiers ces dernières années.

Enfin pour terminer le taux de change a une importance capitale pour un acheteur européen, les achats immobiliers se font presque exclusivement en dollars et de toutes façons le sol a tendance à suivre le cours du dollar. Donc effectivement les européens ayant des capitaux en euros qui ont acheté en juillet 2008 avec un euro à 1,6 dollar sont clairement avantagés par rapport à ceux qui ont acheté en 2000 avec un taux inférieur à 0,9 dollar…

Envie d’en savoir plus sur l’immobilier au Pérou? c’est ici.

 

7 thoughts on “Croissance au Pérou: réelle ou surchauffe?

  1. Bonjour Alexis,

    Merci pour cet article très clair et synthétique sur la croissance péruvienne.

    Tout à fait d’accord avec toi sur la réalité de cette croissance, pour vivre la même chose aujourd’hui (et je ne vis pas dans un quartier « pituco » mais plutôt dans un pueblo joven disons… amélioré!). Je crois beaucoup en l’avenir de ce pays, mais ce qui me fait peur cependant, c’est que :

    1- Cette croissance est tirée par l’exportation des ressources naturelles, et la Chine, l’un des premiers clients du Pérou, est en train de réduire sa demande. Le Pérou est trop dépendant de cette situation, et ne diversifie pas assez ses risques.

    2- On n’en a pas fini avec cette corruption à tous les niveaux et l’économie informelle, et je ne vois pas comment le Pérou pourra avoir une croissance durable s’il ne les réduit pas drastiquement. Les deux sont liées : les gens ne veulent pas payer d’impôts car elles savent à juste titre dans la poche de qui ils atterrissent (!). Conclusion : pas d’investissement dans l’éducation, les infrastructures, etc. et une économie à 40% informelle.
    3- Le faible niveau scolaire général : lié au manque d’investissement. Je ne connais pas de pays qui peut avoir une croissance durable et réduire structurellement son indice pauvreté sans un niveau scolaire élevé. Résultat : aujourd’hui au Pérou, les Canadiens, Chiliens, etc. qui investissent dans les entreprises péruviennes y apportent leurs équipes qualifiées (ingénieurs, management) et laissent les emplois sous-qualifiés aux Péruviens. Cela change petit à petit, mais trop lentement malheureusement.

    Est-ce aussi ton sentiment ?

    • Bonjour Xavier, tout d’abord merci pour tes nombreux commentaires et désolé pour le délai de ma réponse. C’est simple depuis que je suis au Pérou je n’ai pas eu le temps de m’occuper de mon blog mais je me remet dessus!

      1/ d’accord avec toi, le Pérou voit trop souvent à court terme et ne diversifie pas assez son portefeuille de clients… ce qui manque pour l’instant je pense au Pérou c’est aussi un vrai développement du secteur industriel… souvent des matières premières et des fruits et légumes sont achetés à très bas prix, transformés à l’étranger et revendus chers sur le marché péruvien, exemple des snack de « camote »

      2/ la corruption reste encore très présente c’est vrai, mais j’ai quand même l’impression que des efforts sont faits, notamment dans la prévention et l’information par ex auprès de structure comme migraciones… pour l’économie informelle les contrôles sont un peu renforcés mais je pense qu’il n’y a pas vraiment de volonté politique d’y mettre fin. Et ça se comprend car beaucoup de personnes n’ont pas le choix que de faire un boulot informel pour vivre…

      3/ au Pérou l’école est un business, malheureusement c’est souvent ceux qui peuvent se payer les meilleurs écoles qui s’en sortent, pour les autres c’est dur.

      • Bonjour Alexis,

        Tu fais bien de souligner qu’au Pérou, l’école est un business. On ne compte plus les instituts pré-universitaires, dont la grande majorité dispense un enseignement de qualité disons… très discutable ! Souvent du bachotage, juste bon pour l’admission à l’examen d’entrée, et basta. L’équivalent de nos « boîtes à bac ».

        On dit aussi que les meilleures universités ne sont pas les universités privées (à part la Católica de Lima et ses émanations), mais les grandes universités publiques, car faute de pouvoir « acheter » son admission, il faut concourir, et les places sont de facto limitées. Et leur qualité d’enseignement est reconnue.

        Quant aux écoles primaires et secondaires publiques, j’ai pu constater que c’est plutôt la catastrophe, sans parler de la différence de niveau entre les établissements ruraux et urbains.
        Dans le secondaire, je pense que les écoles privées restent les meilleures. Enfin pas toutes non plus, car comme tu le dis, c’est un business, mais a priori les plus chères offrent les meilleurs enseignements et des jumelages avec des écoles européennes par exemple.
        Côté discipline, dans le privé, les écoles « parroquiales » peuvent être un bon choix. Elles sont très strictes. Par exemple, dans certaines, si l’élève arrive en retard pus de trois fois dans l’année, il risque l’expulsion. Les portables sont également interdits et confisqués, et les parents ne peuvent venir les récupérer que certains jours et à certaines heures de la semaine. Expérience vécue !
        Et dans le public, il y a les collèges militaires… forcément.

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